Quel médicament prenez-vous ?

Les dangers de sortir les Écritures de leur contexte
Posted on février 4, 2010 by Paul Ellis // 53 Comments

Deux hommes vont voir le médecin. Le premier souffre d’un cancer avancé et a besoin d’une intervention salvatrice. Le second est en parfaite santé et se rend chez le médecin pour un contrôle de routine. Le docteur est un médecin parfait et prescrit le médicament approprié dans chaque cas.

Cependant, le pharmacien se trompe dans les prescriptions et donne à chaque homme le médicament de l’autre.

L’homme atteint d’un cancer reçoit des multivitamines et doit faire de l’exercice tous les jours, tandis que l’homme en bonne santé reçoit un traitement de chimiothérapie intensif. Sans surprise, l’homme malade meurt d’avoir pris les mauvaises pilules tandis que l’homme sain souffre inutilement.

Dans cette parabole, le médecin parfait représente Jésus. Jésus comprend chaque personne et prescrit toujours le médicament parfait.

Pour les bien-pensants, ce remède pourrait être une application judicieuse de la loi, puisque le but de la loi est de briser notre orgueil, de faire taire notre suffisance et de révéler notre besoin d’un Sauveur. En fin de compte, la loi a pour but de nous conduire à Jésus afin que nous puissions recevoir le don de sa justice (Ga 3,24).

Mais la loi n’est d’aucune utilité pour celui qui est déjà libéré du cancer du péché. L’observation des règlements, qui a une apparence de sagesse, asservit celui qui est libre et ne fait rien pour promouvoir une vie pieuse (Ga 5,1 ; Col 2,23).

Le meilleur remède pour le croyant est une dose saine de grâce complétée par l’exercice quotidien de la foi en Jésus.

La parabole expliquée
Dans cette parabole, le pharmacien confus représente le prédicateur qui dispense par erreur la grâce aux autosatisfaits et la loi aux saints. Le résultat est que les deux se retrouveront dans une situation pire.

Le vertueux croira à tort que tout va bien, même si la mort l’atteint. Le saint croira à tort que l’éternité dépend de sa capacité à fournir une performance juste pour Jésus. Au lieu de marcher dans la liberté qu’apporte le Christ, il se sentira coupable et condamné alors qu’il s’efforce, et échoue, à vivre au niveau du Christ. Il sera malheureux et ses cheveux tomberont à cause du stress.

La Bible peut être considérée comme un dépôt de médicaments salvateurs. La Bible entière est utile pour se former à la justice (2 Tim 3:16). Mais les prédicateurs confus prescrivent parfois le mauvais médicament. Avec les meilleures intentions du monde, ils peuvent faire plus de mal que de bien.

Permettez-moi de vous donner un exemple tiré de la deuxième lettre de Pierre.

Au chapitre 1, Pierre parle du pardon, de la grâce et de la puissance qui viennent de Dieu.

Au chapitre 2, Pierre met en garde l’église contre les faux prophètes et les faux enseignants qui sont “parmi vous”. Pierre distingue clairement ces hommes “injustes” des “hommes pieux que Dieu sauve des épreuves” (v. 9).

Au chapitre 3, Pierre tourne à nouveau son attention vers les saints en les désignant à quatre reprises comme ses “chers amis”. Si le chapitre 2 est plein de fureur à l’égard des faux prophètes infiltrés dans l’église, le chapitre 3 contient des exhortations paternelles pour les saints.

Où est le danger ?
Les problèmes surviennent lorsque les distributeurs de médicaments (prédicateurs, enseignants, blogueurs) confondent les “chers amis” du chapitre 3 avec les “esclaves de la dépravation” du chapitre 2.

Des paroles dures et condamnatoires destinées aux méchants sont prononcées à l’égard de ceux que le Christ appelle les justes. Au lieu d’être mis en garde contre les dangers d’écouter de faux enseignants et prophètes, les saints sont traités comme s’ils étaient eux-mêmes faux.

Inévitablement, le pharmacien malavisé conclut par un appel à un plus grand effort humain et insulte ainsi la grâce de Dieu. Au lieu de terminer par des louanges et des remerciements pour Celui qui les a qualifiés, les chrétiens risquent de partir en se sentant encore plus mal qu’à leur arrivée.

Comme Pierre, Jude trace également une ligne de démarcation entre les “hommes impies” et ses “chers amis” qui sont aimés et gardés par Jésus. Il est important de noter que les deux types de personnes se trouvent à l’intérieur de l’église. Jude dit de ces impies qui nient Jésus-Christ comme Seigneur qu’ils se sont “glissés parmi vous” (v. 4).

Une fois encore, entre les mains d’un prédicateur confus, l’avertissement de Jude aux saints peut être détourné en une doctrine de l’effort humain. La chute peut contenir les mots de Jude mais pas sa signification : “Luttez pour la foi, gardez-vous dans l’amour de Dieu, de peur que vous ne finissiez comme eux.”

Mais le message de Jude est “malheur à eux” (v. 11), pas “malheur à vous”. La médecine de réprimande de Jude s’adresse spécifiquement aux impies qui restent sous la condamnation, et non au saint qui est rendu juste par Jésus.

La fin de la lettre de Jude est l’une des assurances les plus claires qu’un chrétien puisse avoir qu’il est justifié, sanctifié et gardé par Jésus :

À celui qui peut vous préserver de la chute et vous présenter devant sa glorieuse présence sans défaut et avec une grande joie – au seul Dieu notre Sauveur soient gloire, majesté, puissance et autorité, par Jésus-Christ notre Seigneur, avant tous les siècles, maintenant et pour les siècles des siècles ! Amen. (v:24-25)

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